La vita è bella !

Fête mémorable avec les amis de Livorno Ferraris

Fête mémorable avec les amis de Livorno Ferraris

Musique d’ambiance…

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Au départ, je croyais participer à un simple petit match de basket au milieu d’un week-end en Italie, dans le cadre du jumelage de la ville de Pont de Chéruy avec celle de Livorno Ferraris, situé à 30 kms de Turin. Et puis j’ai passé deux jours inoubliables au pays de la dolce vita !

Au rendez-vous matinal du samedi, je me retrouve sans trop comprendre au milieu d’une petite centaine de personnes, prêtes à embarquer dans les deux cars pour Livorno : l’équipe de basket bien sûr, mais aussi toute la municipalité et la fanfare de la ville !! Je commence alors à réaliser qu’il y a de l’événement dans l’air… Je le comprendrai définitivement à l’arrivée.

Aux environ de midi, nous atteignons Livorno. Notre « délégation » remonte une ruelle aux couleurs franco-italiennes jusqu’à la place du village, et là… Des centaines de personnes sont massées contre les maisons, nous entrons sous les applaudissements chaleureux d’une foule enthousiaste et heureuse d’accueillir les amis français. Une image me vient alors en tête, celle de l’entrée dans les villages des militaires américains à la libération, héros ovationnés par la foule !

Je n’en reviens pas, je souris, je prends quelques photos… Un immense frisson m’envahit lorsque les enfants des écoles entonnent la marseillaise, avant de réciter un poème en français. Puis le maire propose de se retrouver à l’apéritif… Un peu de vino rosso ou bianco ne sera pas de trop pour me remettre de cette belle émotion inattendue.

Après la pasta de la mamma (je commande des gnocchi al gorgonzola pour le lendemain) et une petite balade dans la ville, nous gagnons le gymnase. Juste avant notre match, j’assiste à l’entraînement des bambini… quelque chose que je n’ai jamais vu dans aucune salle de basket ! Une trentaine de mômes dirigés par un maestro animé par une foi extraordinaire : il court partout, donne les consignes en montrant lui-même chaque exercice, et du coup il transpire autant sinon plus que les gamins !

Les situations de jeu qu’il propose sont souvent plus proches du cirque que du basket (se déplacer en traînant une feuille de journal sous ses pieds, dribbler avec un cône sur la tête…) Mais ça marche ! Les gamins s’éclatent et en redemandent, il n’y en a pas un qui décroche.

Du coup, je commence mon échauffement avec Lolo et Alexis en jouant avec eux, pour leur plus grand plaisir… et le nôtre ! Pas difficile après ça d’avoir envie de sourire sur le terrain, d’autant plus qu’à l’approche de notre match le petit gymnase de Livorno se remplit : la salle entre en effervescence. La présentation des équipes est l’occasion d’une nouvelle montée d’adrénaline, j’ai vraiment l’impression que cette rencontre est vécue ici comme un événement. Côté basket, nous avons un certain avantage physique et technique, mais les italiens nous donnent une vraie leçon de bonne humeur ! Sourires, tapes amicales, petits contacts physiques pour taquiner, j’aime ces ambiances où la seule consigne impérative est de prendre et de donner du plaisir : c’est la première fois de la saison, comme c’est appréciable !…

Au final, nous retrouvons nos adversaires dans un bar de la ville pour l’apéritif (ils ne connaissent pas le pastis dans ce pays !), avant d’aller partager une table pour la grande soirée dansante organisée pour le jumelage. Et là, sous les regards amusés de deux cents personnes, nous mettons le feu à la soirée, organisant la revanche franco-italienne à la bringue !

A grands coups de chansons et de rasades de vin (et de cigares pour Guy et le président Zeph’), nous finissons par enterrer les italiens une seconde fois, puisqu’en fin de soirée, il ne reste plus que l’ami Massimiliano pour défendre les couleurs locales… Au milieu de la nuit, nous parcourons les rues de la ville en chantant les classiques (« Où sont passés les tuyaux, les tuyaux… »), avant d’entamer au dortoir un concours de saut de lits qui devait précéder une bataille de pelochons mémorable… (n’est-ce pas Lolo et Guy ?!)

Le lendemain, casquette plombée sur le crâne… journée au ralenti ! L’acte officiel de jumelage et la messe se sont déroulés à une heure bien trop matinale. En fin de matinée, pour bouger un peu tout de même, Philippe et moi partons pour une petite balade dans les rues de la ville. Abordés par un italien francophone, nous ne tardons pas à sympathiser en parlant de la France qu’il connaît bien, et des vins français… Du coup, il nous invite à l’accompagner chez lui pour nous offrir deux bouteilles de sa cave… du Beaujolais ! Venir en Italie pour ramener du Beaujolais, y’a rien là ?!

Après les raviolis de midi, le départ du défilé des villageois et la sieste, il est 17 heures et nous nous préparons à monter dans le car du retour. Mais lorsque nous évoquons notre départ avec les italiens, scandale, incident diplomatique ! On ne peut pas partir avant le repas du soir… il y a des gnocchi al gorgonzola spécialement pour la squadra de basket !! (Ceux que j’avais commandés la veille… je n’aurais jamais cru qu’ils me prendraient au sérieux !) Du coup, impossible de résister, et nous nous régalons sous les regards envieux des tablées voisines, qui doivent se contenter d’un classique plat de spaghetti à la tomate. En fin de repas, nous prenons le digestif au bar : ils ont enfin trouvé du Ricard ! Du coup, nous montons dans le car chauds comme la braise… Il est 22 heures mais pas question de dormir ! Malgré la présence des musiciens dans le car, ce sont encore les basketteurs qui se chargent de mettre l’ambiance en chansons. Avec Philippe Chi-re-hall et Lo’Bénite, nous revisitons tout le répertoire (« La pitchouli », « Les tuyaux », « Mauléon »… et même « la fille du bédouin » qui fait un tabac !) pour un vrai moment de bonheur. Au bout de deux heures, le chauffeur craque sous la pression des passagers qui ne savent plus quoi faire pour nous faire taire, et met la cassette vidéo d’un gros navet pour nous contraindre au silence. C’est petit, ça, très petit…

Je mettrai quelques jours à me remettre de la fatigue de ce week-end mémorable (très dur le retour à 3h du mat’) et à retrouver toute ma voix égarée dans le car du retour. Mais je n’oublierai pas ces deux jours, et même si je ne parle toujours pas l’italien, je peux grâce au génialissime Roberto Benigni vous glisser le mot de la fin : La vita è bella !…

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