148, cours Emile Zola

« Dans cet appart’, j’ai tellement voyagé… » Tellement aimé aussi, tellement écrit, tellement lu, tellement vécu ! Quatre ans de ma vie derrière la porte d’un F3 dont je viens de rendre les clés…

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148-cours-emile-zola-plaqueSur le mur, quelques photos…
Sans punaises, elles tomberont bientôt
Il ne reste vraiment pas grand chose
Qu’une adresse, et puis ces quelques poses
Dans cet appart’, quatre ans d’passés
Maint’nant qu’il faut qu’ je parte,
J’ commence à m’en rappeler… (Patrick Bruel)

En décrochant les plaques sur la porte et la boîte aux lettres, le même pincement au cœur que quelques années plus tôt, lorsque j’avais dû abandonner mon studio étudiant, mon premier vrai « chez moi ». C’est qu’on y passe du temps chez soi quand on y est bien, et moi j’y étais vraiment bien dans mon petit appart’ villeurbannais du 148 cours Emile Zola depuis quatre ans…

148, cours Emile Zola...

148, cours Emile Zola…

Quatre ans de ma vie dans cet appart’, quatre ans de souvenirs, des visites, des amours, des lettres écrites – et des lettres reçues, des coups de fil, des coups de cœur, des coups de blues..

148-cours-emile-zola-manon-polaroidAlors voilà, un week-end derrière nous, et combien de semaines devant avant de se revoir ? Moi j’étais tellement bien chez toi, avec toi… Tellement bien sur ton canapé, dans tes bras, avec ta peluche-tortue pour nous surveiller de son regard meurtrier et transperçant, avec la musique, les albums photo et le pot de Nutella… Tellement bien le matin, à regarder les immeubles en face, par la fenêtre, mon thé chaud dans les mains, tes tongs trop grandes pour moi aux pieds, toi qui chantes dans la cuisine et une journée nouvelle qui s’annonce…

Un appart’ qui est aussi le lieu de naissance du site ! Comme on visite la maison de Pagnol en disant « c’est là qu’il a écrit Jean de Florette… », on visitera peut-être un jour mon ex-appart’ en disant « c’est là que Cy-real a conçu les premières pages de son site… Y’a rien là ?! »

Le bordel de mon salon,...

Le bordel de mon salon,…

Il a fallu tout emballer, et j’ai eu du mal à m’y mettre, j’avais pas envie de ranger mon bordel organisé ! C’est qu’on en accumule des choses en quatre ans. Alors on trie, on classe, on emballe… et puis on jette. Ben oui, on jette, forcément ! Parce que c’est aussi l’occasion de se séparer de tout ce qui est inutile et vain, des breloques qu’on en a marre de voir prendre la poussière, des trucs qu’on garde depuis des années sans savoir pourquoi (l’éternel « ça peut servir !… »), et même parfois de souvenirs qui nous ramènent vers le passé… Quand on déménage, on se libère non seulement de choses qui encombrent l’espace mais aussi de certaines qui encombrent l’esprit ! Il faut savoir se défaire de ces bouts de soi, sans hésitation et sans regrets… Il m’est arrivé d’éprouver un sentiment de jubilation et de liberté en sortant du vide-ordures.

Tous ces p’tits moments magiques de notre existence,
Qu’on met dans des sacs plastique et puis qu’on balance…
(Alain Souchon)

Me voilà désormais de retour aux sources pour l’été, en famille, dans la maison de mon enfance. Après quelques escapades estivales aux quatre coins de la France pour profiter des amis, je déménagerai à nouveau fin septembre pour rejoindre un nouveau « chez moi », à quelques 6000 kilomètres d’ici, dans un petit village de la brousse sénégalaise où ma vie se déroulera pendant quelques mois… Ce jour-là aussi, il y aura sans doute du coup de blues dans l’air.

Mais tellement d’envie, aussi !

Ça va pas changer le monde
que je change de maison
Il va continuer le monde
Et il aura bien raison… (Joe Dassin)

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