A fond la forme ?

J’ai découvert l’un de ces clubs de forme pour citadins dynamiques, dont les activités sont censées procurer détente et bien-être. Après une petite heure de souffrance, j’en suis sorti tout tendu, et perplexe…
Oh, ça a l'air super !...

Oh, ça a l’air super !…

Sur l’annonce, le club proposait vitalité, équilibre, tonicité, énergie, bien-être et relaxation. Je me suis laissé entraîner par un ami pour une séance découverte. On a commencé tranquillement par un échauffement sur les rameurs. Je ne savais pas encore que cela allait être le moment le plus sympa de la séance – la seule activité au cours de laquelle on pouvait discuter !

Développé couché…

Mais ça va pas non ?

Mais ça va pas non ?

Dans le club, j’ai croisé un de mes anciens coéquipiers basketteurs. Il s’entraîne quatre à cinq fois par semaine. Quand il a un créneau de libre, il vient encore pousser de la fonte et faire des abdos… Je n’en suis toujours pas revenu. Pour moi, ça dépasse l’entendement !

J’ai toujours vu le sport comme un moyen d’accomplissement et de dépassement personnel. Mais en ce qui me concerne le moteur de l’activité sportive, bien plus que le plaisir de l’effort, c’est l’émotion et le partage avec les autres. Et j’ai découvert qu’une série de « développé couché » ou une séance de gainage dans son coin, c’est assez limité en terme d’émotion… En tout cas, j’ai bien fait rigoler mon copain Steve, c’est déjà ça. Mais le meilleur restait encore à venir avec le cours collectif d’indoor cycling.

Ulysse, Abba et les spotlights

L’indoor cycling, en langage courant, c’est le vélo d’appartement. Dans un club de fitness, on aligne cinquante vélos les uns à côté des autres dans une salle en forme d’amphithéâtre. Tout a commencé dans cette salle-là :

La salle d'indoor cycling de l'Elixia

La salle d’indoor cycling de l’Elixia

Quelques minutes avant le début du cours, tout allait encore bien. Je pédalais à mon rythme pour tester mon vélo, tout en continuant à discuter avec Steve. La salle s’est remplie… puis Ulysse est arrivé. L’animateur du cours du jour. Un brushing impeccable, oreillette et micro-casque, top tendance. Ulysse donc. (Mais enfin… personne ne s’appelle Ulysse !)

Ulysse a commencé par éteindre les lumières, puis il a allumé la boule de spots multicolores qui s’est mise à tourner au plafond. Il a alors branché la sono à fond les watts (une version techno des chansons d’Abba…) puis il a grimpé sur son vélo face à nous et tel un DJ, il a crié « est-ce que vous allez bieeeeeeeen ?!!!?« …

Mais, je suis où là ??

Double peine : pédaler ET se retrouver en boîte de nuit

Double peine : pédaler ET se retrouver en boîte de nuit

La suite, je vous la fais courte. Ulysse qui donne l’exemple en pédalant à fond la caisse, qui dit qu’on attaque une côte et donc qu’il faut se mettre debout, qui demande encore si tout le monde est en forme. Le cours devait durer 45 minutes. Physiquement, j’aurais sans doute pu m’accrocher pour aller au bout de la séance. Mais Ulysse, ABBA, les spotlights et l’ambiance « boîte de nuit – usine », c’était trop pour moi… j’ai tenu 10 minutes avant de quitter la salle.

Dans le hall d’accueil en attendant Steve, je me disais : c’est donc dans des endroits comme celui-là que viennent se détendre les citadins ? Pris constamment dans le béton, le bruit de la ville, les embouteillages, la pollution, les couloirs du métro, comment peut-on choisir de venir s’enfermer encore dans des lieux aussi sinistres et saturés que cette salle d’indoor cycling, dans le noir, et d’accepter de pédaler au rythme imposé par un gars nommé Ulysse, les oreilles bombardées par une reprise de Dancing Queen ?

Je cherche encore…

Bonus ! Le droit de réponse de l’initiateur de cette aventure : Steve « Brickman »

Non que je sois un commercial d’une salle de sport pour « citadins » ventant les mérites d’un esprit sain dans un corps sain gorgé de protéines, arboré d’un beau débardeur moulant et d’un string très sexy ! Mais je me dois de réagir à la lecture de cet article !

Outre le coté parfois (bon d’accord, souvent !) très kitsch de ces établissements, j’ai trouvé un excellent moyen de bien me défoncer lors d’une séance de sport, digne d’un entraînement physique des plus difficiles de ces fameux débuts de saison que l’on connaît tous. Et avec le dernier match auquel j’ai assisté à Saint Jean, certains devraient y goûter plus souvent ! lol
Mais je vous l’accorde, cela ne remplacera jamais pas les bonnes 3e mi-temps et les bonnes blagues de vestiaires que l’on partage entre coéquipiers : l’essence même du partage et de la convivialité. En effet, coté blagounette, dans les vestiaires d’Elixia on est un peu limité. J’ai abandonné depuis que ces gros corps bodybuildés me regardent de travers suite à une blague vaseuse, « Le vélo c’est un sport de pédales » : ils n’ont pas du tous comprendre le jeu de mots !

A coté de cela on y passe des moments mémorables. Je vous garanti qu’une séance avec le Cy-real vaut son pesant d’or : un Cy-real hésitant, silencieux, le regard inquiet à chaque fois qu’il croise un appareil de musculation qu’il croit sortir tout droit d’une salle de torture du Moyen-Âge. Avec tous ces gens dessus, qui s’auto-mutilent !!! Et oui Cyril, et en plus ils payent très cher pour cela.

Enfin bref, je garde très bon un souvenir de cette aventure et même si ce n’était pas réciproque, je me suis bien marré.

PS : Gaz, Dan et Yvan’s c’est quand vous voulez !

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