Définitivement publiphobe

Sournoise, omniprésente, envahissante, abrutissante… la pub frappe au cerveau à grands coups de marteau. Partout, tout le temps. Je suis en train de développer une allergie réactionnelle caractéristique. Pas vous ?

pub-cerveau-publicite-tous-les-joursNos yeux et nos oreilles captent en moyenne 2500 pubs par jour. D’immenses panneaux publicitaires envahissent l’espace public, couvrent les murs des villes et défigurent les paysages des bords de route, les spots aux slogans débilisants sont repris en boucle sur les télés et à la radio, les pages de promo sont de plus en plus nombreuses dans les journaux et les magazines, les bannières, pop-ups et autres « slide-in » squattent de plus en plus les sites Internet…

La publicité fait vendre, c’est même pour ça qu’elle a été inventée. Aujourd’hui, elle sert surtout à vendre tout et n’importe quoi, à n’importe quel prix, en utilisant tous les vecteurs média et tous les arguments les plus bas possibles pour flatter le con-sot-mateur. Et lui marteler sa logique absolue : «OBÉIS, CONSOMME !»

Merci Photoshop.

Merci Photoshop.

Je n’aime pas la pub, je n’aime pas la vision mensongère, déformée et enjolivée de la réalité qu’elle propose, je n’aime pas l’idéologie consumériste qu’elle véhicule, et pis surtout j’en ai marre d’être pris pour un con.

De plus en plus, partout, tout le temps

Je veux bien reconnaître que l’univers publicitaire sait faire preuve de créativité, au point d’incarner parfois une certaine forme d’art qui utilise avec un vrai talent l’humour, l’émotion, l’imagination… J’appréciais beaucoup l’émission Culture pub sur M6 et j’ai moi-même mis en ligne il y a 5 ans quelques perles de pub dans la connerithèque. Mais prenant conscience de toutes les conneries que la pub véhicule, je suis arrivé à saturation : trop de messages mensongers, lénifiants, abrutissants… à la gloire d’objets de surconsommation stupides, inutiles et superflus.

La plus belle des arnaques, découverte récemment ? Un chéquier sponsorisé vendu 49 euros pour bénéficier de… 1250 euros de chèques cadeaux, pour des produits qu’on aurait jamais eu l’idée d’acheter, dans des magasins dans lesquels on aurait jamais eu l’idée d’aller !

Toutes les formes d’art jouent sur l’émotion et cherchent à susciter une certaine réflexion. Pas la pub. On y glisse parfois de l’émotion, mais surtout pas de réflexion : obéis, consomme !

L’omniprésence de la pub est une réalité incontestable. Voici quelques exemples qui en attestent :

A la télé : quand j’étais gamin, le film du soir commençait à 20h30 ou 20h35. Aujourd’hui, c’est plutôt 20h50… et c’est pas le 20 heures qui dure plus longtemps. En attendant, n’oubliez pas que la météo vous est présentée grâce à Bidule, gloire à Machinchose qui est le partenaire de votre émission, retrouvez votre film du dimanche soir avec Trucmuche !… Comment ne pas s’inquiéter de la qualité des programmes lorsque le président de la première chaîne de télévision française déclare ouvertement : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible » ?

La pub à la télé, vue par Colcanopa

La pub à la télé, vue par Colcanopa

Dans la presse papier : avez-vous déjà compté le nombre de pages de pub dans les premières pages d’un magazine ? Je ne parle même pas des journaux gratuits type Métro ou 20 Minutes qui sont entièrement financés par la pub, créés d’abord pour diffuser de la pub (et des infos… mais seulement s’il reste de la place entre les annonces).

A la radio : toutes les stations se vantent aujourd’hui de réussir à proposer « trente minutes de musique sans pub ». Que doit-on faire, applaudir parce que c’est un exploit ?

Sur Internet : amusez-vous à compter le nombre de liens commerciaux ou promotionnels et autres bannières publicitaires sur les sites des quotidiens Libération, Le Monde ou le Figaro… Eh oui, c’est de l’info coco !

Dans nos boîtes aux lettres : les courriers non adressés (prospectus, des publicités, ou des journaux gratuits) correspondent en moyenne chaque année à 40 kg par foyer. Les publicités des grandes surfaces représentent 58% de ces quantités…

Le pire est à venir

Et ce n’est pas fini ! Encore des exemples pour vous démontrer que la pression va s’accentuer :

– la publicité extérieure explore déjà de nouvelles pistes : une station de métro parisien a été entièrement redécorée pour la promotion du film Da Vinci Code… C’est plus de la promo, c’est du harcèlement ! Et quand les panneaux 4×3 sont jugés trop petits, on recouvre certaines façades d’immeubles d’habitation par de gigantesques bâches publicitaires, en infraction avec le code de l’environnement. Il est même arrivé que des locataires réguliers voient leurs fenêtres occultées par la publicité !

– le « placement de produit » ne cesse de se développer : on voit déjà de plus en plus les marques des sponsors dans les films au cinéma… On verra bientôt de plus en plus d’objets publicitaires incrustés par informatique dans les programmes.

– Enfin, avec le projet de Télévision sans frontières, il sera désormais possible de diffuser de la publicité sans attendre les interruptions naturelles (comme la mi-temps d’un match de football). Pire, le délai minimum légal de vingt minutes entre deux « plages » de spots publicitaires est supprimé. Autrement dit, sur le merveilleux modèle américain, on pourra diffuser un film en le saucissonnant par cinq, six ou dix coupures pub, génial !!…

Résister à l’agression publicitaire

Résister à l'agression publicitaire

Résister à l’agression publicitaire

Me voilà donc définitivement publiphobe. Pas encore membre officiel des Brigades Anti-Pub ou du mouvement Résistance à l’Agression Publicitaire, mais de plus en plus vigilant…

Ma résistance s’organise :
– je zappe à la moindre pub télé ou radio. La prochaine étape : casser ma télé… ou m’en débarrasser.

– j’ai posé un auto-collant STOP PUB sur ma boîte aux lettres. Pas efficace à 100 %, mais au moins ça fait réfléchir mes voisins…

– sur Internet, je fais disparaître TOUTE la pub avec la merveilleuse extension Adblock Plus pour Firefox. C’est vraiment extraordinaire !

– je refuse tous les journaux gratuits… et je soutiens les publications autonomes sans pub comme L’âge de Faire, Silence ou Charlie Hebdo

– je subtilise de temps en temps les tas de catalogues de grandes surfaces qui trônent vers les boîtes à lettres en bas de mon immeuble, en vue de protester contre le gaspillage à l’occasion de la cinquième journée de déversement de prospectus publicitaires, organisée le samedi 10 juin 2006.

Quant aux affichages en 4×3 dans l’espace public, je me documente sur les actions de barbouillage

Restons éveillés, ne confondons pas publicité et propagande, information et manipulation, pensons, gueulons, râlons ! En un mot : DEBOUT !!! » (Christophe Alévêque)

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