Merci, monsieur Rufo

Quand un spécialiste de l’enfance s’engage corps et âme en faveur de l’école, c’est une belle bouffée d’oxygène dans un climat de défiance vis à vis de l’institution scolaire…
Marcel Rufo

Marcel Rufo

L’éducation est un trésor proposé aux enfants. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le pédopsychiatre Marcel Rufo, reconnu pour être un des plus éminents spécialistes de l’enfance, dans une chronique en date du 3 février dernier parue dans le JDD, malicieusement titrée… Les enfants qu’on mérite.

Rufo part d’un fait divers largement commenté, la fameuse gifle d’un enseignant à un élève de sixième qui l’avait traité de « connard »…

Le pédopsychiatre, qui se place résolument du côté de l’école, interroge notamment le rôle des parents dans le rapport au personnel enseignant.

En traitant son enseignant de « connard », ce jeune garçon détruit le trésor qui lui est proposé. Je pense que le métier des parents, une fois pour toutes, consiste à imposer le respect des profs à leurs enfants. Après « connard », le coup de boule à son père est en marche. L’insulte est un coup qui détruit l’image de soi.

Que le métier serait facilité si cette petite phrase pouvait être entendue par tous ! L’institution scolaire, parfois trop hermétique, a sans doute sa part de responsabilité dans cette « décharge » du rôle éducatif des parents vers l’école. « Oui, il faut élever ses enfants ! » dit Rufo. Parce que jouer son rôle de parent en réaffirmant auprès de son enfant sa confiance à l’enseignant, c’est d’abord aider son enfant à grandir, à se construire et à découvrir des limites cohérentes de la maison à l’école. Si en tant que parent on remet en cause un enseignant ou une méthode… mieux vaut éviter de la faire devant son enfant !

Je suis pour la défense absolue des passeurs de culture, contre la barbarie, je suis pour les enseignants de maternelle, du primaire, du collège, du lycée et des facultés. Les parents ont les enfants qu’ils méritent. Vous ne pouvez admettre que votre fils insulte un enseignant, vous penseriez alors que vous avez échoué dans votre mission éducative, voire affective. Bien élever son fils, sa fille, n’est pas une attitude de classe sociale, d’origine, c’est simplement la preuve qu’on les aime.

Vraiment, merci monsieur Rufo. En ces temps de défiance vis-à-vis de l’institution et du peu de soutien gouvernemental exprimé, un peu d’amour en ce jour de Saint Valentin, ça fait du bien.

3 Des réflexions sur “Merci, monsieur Rufo

  1. « Et pourtant je comprends la réaction du professeur. Je la comprend mais on ne peut pas l’accepter. »
    » On est d’accord.

    « Lorsque ma fille me raconte la façon de parler de nombreux professeurs : on croit rêver. Ils sont les premiers à être insultants, dévalorisants et orduriers ! »
    » Tous les enseignants ne sont pas les modèles qu’ils devraient être. De là à énoncer qu’ils sont les premiers à être irrespectueux, c’est un poil abusif… non ? :roll:

  2. Heu… D’accord.
    Je défend l’école et la curiosité d’esprit et le trésor que c’est d’apprendre…
    Mais je n’hésite pas aussi à demander le sens critique à ma fille (12 ans). Qui veut du respect doit être respectable.
    Et un professeur qui ne remplit pas son rôle (par exemple!)et ne respecte pas ses élèves, à défaut de se faire insulter mérite d’être affronté et de façon évidente, même par un tout petit. Et ce petit, s’il a été correct doit être soutenu par les adultes et les autorités s’il est dans son bon droit.

    Le sens critique fait aussi partie de l’éducation. Et réfléchir sur un ordre établi c’est être citoyen et constructif. Cela confirme le bien fondé de l’ordre ou permet l’initiative de faire évoluer une société.

    Le respect de l’adulte ou de l’ancien ou du supérieur à tout prix!?
    Non.
    La politesse toujours. Oui.

    L’enfant qui insulte est mal élevé et va mal.
    Il mérite une sanction et pédagogique si possible.

    Mais alors l’adulte qui répond au même niveau… C’est une catastrophe!
    Et pourtant je comprends la réaction du professeur. Je la comprend mais on ne peut pas l’accepter. Un parent, un professeur, un politique… Sont des exemples.
    Il y a de quoi se faire du souci!
    Lorsque ma fille me raconte la façon de parler de nombreux professeurs : on croit rêver. Ils sont les premiers à être insultants, dévalorisants et orduriers!
    Alors la suite est logique.
    Non!?
    Il faut surtout faire preuve de bon sens et de justice dans ces histoires. Parce que les idées toutes faites et manichéennes… Ca n’a jamais réglé les relations humaines qui sont faites de nuances de gris!!!
    Hou là.. J’ai gâché l’ambiance positive!
    Excuses.

  3. Qu’il est beau ton article …
    Pis y a des bons profs …
    Pis y’a des moins bons profs …

    Pis y’a des momes cernés par l’immoralité à chaque instant , des mômes que l’on berce de télévision tout petit. Faut pas s’étonner ensuite que la violence ou tout du moins la bétise gagne.

    J’ai aussi du mal a en vouloir au professeur, même perfectible, qui va devoir « réeduquer » ce petit monde après …

    Courage les profs !!!

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