DOL, de Philippe Squarzoni

Une chronique littéraire de Philou, suite à la lecture d’une BD à très forte résonance politique et sociétale qui dénonce les méfaits du libéralisme à tout crin. L’occasion d’un vrai coup de colère contre la pensée unique… revigorant ! [by Philou]

DOL [nom masculin] : tromperie commise en vue de décider une personne à conclure un acte juridique ou de l’amener à contracter à des conditions qui lui sont défavorables.

Bref, en droit civil français, un DOL c’est une embrouille, un mensonge, une tromperie, une arnaque, un baronnage, une entourloupe, un niquage, un entubage, etc.

DOL, de Philippe Squarzoni

DOL, de Philippe Squarzoni

DOL, c’est aussi une originale « BD-Livre » à résonance politique, dessino-rédigée par Philippe Squarzoni et éditée aux éditions Requin-Marteaux. Cet excellent bouquin décrypte avec clairvoyance les mécanismes de colonisation du libéralisme dans notre société, les liens, la cohérence et l’articulation des différentes réformes destructrices des biens communs, de la solidarité et des services public. Un livre étouffant de vérité.

DOL c’est enfin un livre qui ressuscite en moi la colère contre cette foutue pensée unique, qui endort ou soumet nombre de mes concitoyens.

Tout y passe et rien ne bouge

Putain les gars abusés ! Nous sommes en plein dérobage, en plein démontage de nos droits et acquis essentiels, en pleine destruction de la solidarité nationale, de la Sécu, des retraites, de l’hôpital, du chômage et de l’emploi, de l’éducation et même de la liberté de penser, d’être, tout y passe et rien ne bouge.

Les dernières élections, si elles n’ont pas démontré, contrairement aux messages récurrents des médias nationaux, la victoire de l’UMP (Beurk !!!) ou l’émergence des écolos (Yes !!!) à prouver l’absence de mobilisation des citoyens et l’absence de conscience politique.

Que voulez vous ma petite dame, les idées conformistes ont pénétré les esprits, la soumission au nouvel ordre mondial est acquise… A quoi bon ?!!! puisque tout va mal, puisque c’est la crise…

Raffarin, droit dans ses bottes...

Raffarin, droit dans ses bottes…

Pour information chers lecteurs, le CAC40, c’est à dire grosso-modo les 40 plus grosses entreprises de France ont réussi en 2008 à cumuler 85 milliards d’euros de bénéfice net (557 milliards de francs nouveau pour les anciens – Résultat net signifie somme d’argent disponible, après impôts, taxes et remboursement des dettes contractés, salaires, frais généraux, etc … Bref c’est l’argent de poche de l’entreprise qu’elle distribuera aux actionnaires, qu’elle thésaurisera ou qu’elle placera). Cette somme, en recul sur 2007 (environ 95 Mds d’euros) représente 65 384 615 mois de Smic brut (environ 1300 euros), représente 548 718 emplois annuels de smicards ou années de Smic. Voilà une autre représentation de la crise.

N’oubliez pas que ces chiffres indécents ne représentent que 40 entreprises sur les quelques milliers qui existent dans notre tout petit pays.

Alors c’est une fameuse idée et une fabuleuse opportunité que cette crise financière mondiale du capitalisme. C’est vrai le capitalisme est à bout de souffle, les relais de croissance sont en panne. Pis surtout si l’on ne fait rien, les discours du passé sur le bien fondé de l’ordre libéral grand pourvoyeur de justice et de richesse pour tous, vont nous revenir en pleine gueule.

Un DOL planétaire

Heureusement qu’elle est là cette crise… Pour justifier ce vaste DOL planétaire… Pour permettre surtout de maintenir la tête des citoyens sous l’eau… mais encore pour accélérer les réformes plus que jamais nécessaires.

Mais si ! Mais si (Lionel) mon p’tit monsieur ! Il faut assouplir les carcans de notre « contrat républicain », pour permettre la relance. Il faut abolir le code du travail que les patrons n’aient plus peur d’embaucher…

L’indécence du discours est sans limite, faisons confiance à nos bien penseurs pour développer un argumentaire abondant.

Vous voulez un exemple de l’imagination des puissants ? British Airways vient de proposer à ses salariés de travailler gratuitement (pour aider l’entreprise à « survivre »). Son patron se passera d’un mois de salaire pour donner l’exemple. Notons qu’à 900 000 euros par an, hors rémunération variable, stock-options et autres revenus de son épargne, sa philanthropie est toute relative.

Alors sous couvert de moralisation du capitalisme, il va falloir s’attendre à en prendre plein la tronche (« De toute façon les syndicats ne font rien !!! » … elle me fait gerber celle phrase). Il ne faudra pas oublier de la fermer afin de ne pas entamer le capital confiance si nécessaire à la relance de l’économie. En peu de mots courber l’échine, accepter les sacrifices et se dire que cela pourrait être pire.

Et après… Ce sera au tour des services publics, des droits sociaux de passer à nouveau au gabarit des reformes. Et oui mes petits messieurs-dames ! Vous n’imaginez pas les efforts financiers que l’Etat a déployé pour sauver les banques et soutenir l’économie à l’aide de plans de relance pharaoniques.

L’Etat providence c’est fini, l’Etat est désormais très très fortement endetté. Il faudra assurément tailler dans les dépenses publiques et trouver des sources d’économies, que dis je des fleuves d’économies pour éponger les déficits abyssaux que la crise à provoquer dans les finances publiques.

Ainsi la crise financière, avec le consentement de ses sujets, servira d’ultime outil pour démonter ce qu’il reste de solidarité et de redistribution dans notre société.

Tout ces mensonges et tromperies, se retrouveront peut être même dans un DOL 2 épitaphe.

A venir, l’histoire de l’ambitieux programme du conseil national de la résistance, mis en œuvre au lendemain de la guerre, dans un contexte économique réellement déplorable.

dol-wordleDOL de Philippe Squarzoni, aux éditions Les Requins Marteaux, 286 pages, Noir et Blanc, 2006 (ré-édité en novembre 2007).

@+
Philou

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