Rêves de scène…

Vendredi soir, théâtre : un acteur seul en scène. Dimanche après-midi, concert : Fugain face à son public. Deux spectacles tout en sincérité et en générosité. Ça donne envie…
Philippe Faure sur la scène du théâtre de la Coix-Rousse

Philippe Faure sur la scène du théâtre de la Croix-Rousse

«Moi tout seul» : le titre est suffisamment explicite. Sur la scène du théâtre de la Croix-Rousse, le directeur Philippe Faure se livre sans fausse pudeur, dévoile devant « son » public lyonnais ses états d’âme d’homme de théâtre… d’homme tout court. Il joue sur tous les répertoires, drôle, sensible, désabusé, touchant, cynique… L’acteur est bon mais on oublie vite qu’on est au théâtre : il se crée une intimité entre l’homme et le public, il délivre tant de sincérité qu’un véritable échange a lieu.

Moi tout seul, clame Philippe Faure sur la scène de son théâtre. Le directeur de la Croix-Rousse se met en scène dans un texte écrit par lui-même où se raconte… l’homme Faure. Sa vie, son œuvre, ses rencontres. Plongée dans une vie publique, intérieure, de famille, de quartier, déclinée en douze histoires que leur auteur a voulu drôles, poétiques, absurdes ou burlesques. Trois semaines de tête-à-tête avec le public… Lui tout seul. Enfin, pas vraiment.

Michel Fugain

Michel Fugain

Changement de décor : la Bourse du Travail un dimanche après midi, Fugain est de sortie, plus « vivant » que jamais ! Sourire immense lorsqu’il entame son spectacle par Je n’aurai pas le temps… (amusante coïncidence avec l’édito du moment), frissons sur Forteresse, bonheur lorsqu’il débute Encore que je reprends à plein voix en ressentant très fort les paroles…

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Rien de comparable en apparence entre le « one man show » théâtral de Philippe Faure et la prestation scénique d’un Fugain toujours aussi fringant. Pourtant, j’ai ressenti à travers ces deux spectacles une même émotion, touché par la sincérité généreuse de ces deux artistes. Et j’avoue, j’avoue, à les voir ainsi se donner, s’amuser, s’éclater… je les envie. La scène m’attire !

«Et qu’irais-tu faire sur scène ?» me direz-vous… Bonne question. Je n’ai jamais pris de cours de théâtre, ni jamais fait partie d’aucune troupe. Chanter pour les autres ne m’attire pas plus que ça (dans ma voiture je me sens bien), quant à ma carrière de guitariste elle en est encore à ses balbutiements…

Pourtant, je me sens une âme d’artiste de scène… J’ai déjà chanté en public quelques extraits de mon répertoire (souvenir méconnu !), j’ai souvent été clown ou père Noël dans des circonstances diverses et variées, je suis gladiateur au quotidien (tous les jours dans l’arène face aux lions à l’école !)… bref ! J’ai déjà expérimenté les rapports qu’on peut développer avec le public, et globalement on peut dire que j’adore ça…

Chez tout artiste, il y a ce besoin inconsidéré d’amour(…) On a beau avoir de l’orgueil, des certitudes, on est tellement seul au monde… Chacun a au fond de lui ce besoin d’amour éperdu et cette conscience qu’il sera peut-être aimé mais toujours incompris (Philippe Faure)

Alors voilà, « j’aurais voulu être un artiste » ou plutôt, je rêve toujours d’en devenir un, et à chaque fois que je vois des comédiens ou des chanteurs nourris aux plaisirs de la scène, je m’imagine un peu à leur place. Pour y faire quelque chose à moi…

« West Side Story – c’est bien fini
Les parapluies – c’était joli
Mais je veux faire quelque chose à moi
Faudra travailler mais pourquoi pas… » (Michel Berger)

Crédit photo : Philippe Faure by Charfeddine D., via Photographes en Rhône-Alpes (bm-lyon.fr)

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