Théâtre à l’hôpital public

A l’hôpital Argerich de Buenos Aires, médecins et patients se retrouvent chaque semaine pour une séance d’improvisation théâtrale afin de défendre leur établissement.

clown-medecinÊtre patient dans un hôpital public, ce n’est pas drôle tous les jours. Il faut faire la queue dès 3 heures du matin pour réussir à décrocher une consultation, errer de service en service faute de panneaux, et traiter avec des équipes débordées. Pourtant, à l’hôpital Argerich de Buenos Aires, dans le quartier de La Boca, médecins et patients prennent les choses à la rigolade. Tous les vendredis soir depuis février 2004, ils se réunissent pour une séance d’improvisation théâtrale, où ils jouent les situations qu’ils endurent quotidiennement.

Ils se maquillent, chantent, jouent la comédie. Chaque scène est un vibrant plaidoyer pour les avantages qu’offre l’hôpital public dans un pays démocratique. Car, malgré les obstacles qu’ils rencontrent, ils défendent mordicus leur établissement : “Et qui m’aidera dans le malheur/Dans la dure maladie/Où irais-je s’il n’y avait plus d’hôpital ?”

La troupe, baptisée Los Argerichos, a déjà été invitée à des rencontres médicales, par exemple au congrès de l’Association de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.

Los Argerichos, la troupe d'impro de l'hôpital

Los Argerichos, la troupe d’impro de l’hôpital

Alicia Torres joue le rôle de la méchante – une femme blonde en étole de fourrure qui déclare que, vu la gabegie, mieux vaudrait privatiser l’hôpital. Le reste de la troupe lui rétorque en chantant que celui-ci est indispensable, parce qu’il est ouvert à tous en permanence. En tant que patiente, Alicia est d’accord avec ses camarades. “Ici, c’est vrai, il faut faire la queue, mais on s’occupe merveilleusement bien de vous.”

Sur des airs du folklore, boléro ou tango, les vingt patients et médecins racontent le parcours du combattant qu’il faut effectuer pour obtenir une consultation. Le théâtre sert d’exutoire. “Je savais juste lire des électrocardiogrammes, aujourd’hui je découvre que je peux chanter”, se réjouit le cardiologue Edgardo Schapachnik.

A l’hôpital public, chantent Los Argerichos, il arrive qu’on n’ait plus de coton hydrophile, mais on s’occupe toujours de vous avec le cœur…

Article de Valeria Román pour le quotidien argentin Clarín à Buenos Aires

Nota – Cet article est extrait du site de l’excellent hebdomadaire Courrier International. Chaque semaine, les meilleurs articles de la presse du monde entier y sont selectionnés, traduits en français et commentés par des journalistes experts de chaque pays. L’ami Phil m’a fait découvrir la rubrique insolites, qui regorge de nouvelles brèves tantôt cocasses, tantôt tragiques… dont les plus joyeuses sont susceptibles d’alimenter régulièrement ce blog !

2 Des réflexions sur “Théâtre à l’hôpital public

  1. Bonjour, je suis étudiante en psychologie et réalise mon mémoire sur l’apport de l’activité théâtrale chez les sujets psychotiques.
    J’effectue mon stage en hôpital de jour, et participe à cette médiation menée par la psychologue.
    J’ai constaté une différence de comportements du patient entre l’hopital de jour et l’attitude à l’activité théâtre. Beaucoup de position evalue cependant cette activité comme occupationnelle !!!!! alors je cherche des travaux prouvant le contraire. Je relate cependant que cette activité n’est thérapeutique que parce que d’autres médications s’y ajoutent. Connaissez vous des informations sur ces thèmes ou des références. merci

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