Y’a la guerre tout l’temps…

New York, 11 septembre 2001… sidération et incrédulité. Voici le texte du jour d’après.

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Je n’ai pas voulu le croire tout de suite. C’était une annonce tellement invraisemblable, un scénario catastrophe comme celui-là ne pouvait pas être réel ! Malheureusement, je n’étais pas branché sur Rires et Chansons, et nous n’étions pas le premier avril : j’étais bien sur France Info qui diffusait une « édition spéciale attentats aux Etats-Unis », ce mardi 11 septembre 2001.

New York, 11 septembre 2001...

New York, 11 septembre 2001…

Quelle violence, quelle atrocité ! Comment peut-on délibérément commanditer un tel attentat et organiser du même coup sciemment la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes ? Tout cela me dépasse… C’est comme si quelque chose venait de dérailler dans ce monde. Comme sans doute beaucoup de gens, je découvre avec ce drame d’une ampleur exceptionnelle jusqu’à quelle extrémité peuvent mener le fanatisme et l’intégrisme.

Citoyen de l’humanité avant tout, détaché de tout engagement religieux, je respecte toutes les croyances et tous les cultes, je suis même plutôt curieux des messages délivrés par les livres saints. Pour moi la religion est censée propager des messages universels d’amour, de respect et de tolérance… Malheureusement, dans chaque croyance, des extrémistes et des fanatiques sont venus pervertir le message original, avec pour conséquence le déclenchement d’un incroyable nombre de conflits de par le monde, dont certains s’éternisent et semblent insolubles : Algérie, Irlande du Nord, Afghanistan (régime des Talibans), conflit israélo-palestinien…

Nous avons tout juste assez de religion pour nous haïr,
mais pas assez pour nous aimer les uns les autres (Jonathan Swift)

Avec cet attentat, c’est un nouveau palier qui a été franchi dans l’escalade de la violence. J’ai eu l’impression de vivre un cauchemar tout éveillé aujourd’hui ; mais je sais déjà qu’il ne s’éteindra pas à mon réveil, et que la une des journaux demain me saisira encore au coeur…

J’en ai marre de ces guerres, de ces « fous de dieu » qui guident leurs fidèles vers la violence au nom de je ne sais quelle divinité imbécile ! Il faut protéger les gens – et les enfants – de tous ces fanatiques incapables de penser par eux-même, il faut éduquer d’urgence les générations futures à la paix et à la tolérance, il ne faut pas accepter l’inacceptable. Je ne reconnais pas le monde dans lequel je voudrais que mes enfants grandissent un jour…

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Je maintiens qu’il faut mépriser, vraiment mépriser fortement les gens qui nous souhaitent la souffrance et la guerre, et qu’il faut continuer à se battre pour la paix… (Daniel Balavoine)

Pour conclure ce coup de blues, un poème à lire absolument…

Il est l’œuvre d’une jeune fille que j’ai eu la chance de croiser un jour… Je le trouve tout simplement magnifique. Il est chargé d’émotion et de force et j’ai pensé qu’il complèterait bien mon coup de blues. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de le publier ici…

La dignité humaine

Tu sais c’est c’est pas facile
De vivre après la guerre
Chaque jour nous mutile
Et nous tire en arrière
Tu as beau tout refaire
Reconstruire les maisons
Replanter les jardins
Tu vois toujours au fond
Les croix du cimetière
qui te guettent de loin.

Tu sais c’est pas facile
Marcher dans les mêmes rues
Et tout refaire sa vie
Y’a des bouts de missiles
Plantés au pied des grues
Qui reconstruisent la ville
Et ça résonne encore
Ça résonnera toujours
Même si on recolore
Chaque mur tout autour

Si j’avais un message
Ce serait celui-là
Si j’avais un message
Refaites plus jamais ça
Et que tous les avions
Volent pour voyager
Qu’on arrête les canons
Qu’on arrête de tirer
Sur la vie qui s’étire
Se lève et se réveille
Et que la vie respire
Pour toujours au soleil

Évidemment la vie
A repris le dessus
On boit et on sourit
Chaque jour un peu plus
Les enfants jouent dehors
En criant comme des fous
Et les fleurs poussent encore
Au milieu des cailloux

Oui bien sûr qu’aujourd’hui
On marche dans la rue
En se tenant debout
Sans crainte des fusils
Le calme est revenu
Il n’y a plus d’obus
Du jour jusqu’à la nuit
Il n’y a plus de bruit
Mais comment voudrais-tu
Que le reste s’oublie
Que le reste s’oublie

Si j’avais un message
Ce serait celui-là
Si j’avais un message
Refaites plus jamais ça
Et que tous les avions
Volent pour voyager
Qu’on arrête les canons
Qu’on arrête de tirer
Sur la vie qui s’étire
Se lève et se réveille
Et que la vie respire
Pour toujours au soleil

Et le plus difficile
Il faut encore se battre
Réfléchir, être agile
Survivre et se débattre
Quand on est survivant
La guerre n’est pas finie
Ni la peur des enfants
Qui se réveillent la nuit
Et je demande quand
Tout ça sera fini
Et je demande quand
Ceux qui dirigent le monde
Deviendront enfin grands

Que vienne la seconde
Que tous ces gens comprennent
Qu’avec toutes leurs bombes
Aussi lourdes qu’inhumaines
Ils poussent dans la tombe
La dignité humaine…
La dignité humaine.
(Perrine Gourlay, 1999)

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